Lot 38 – Autographes & Manuscrits

Maurice RAVEL

Lettre autographe signée adressée à « Chère Marie » [son amie Marie Gaudin]. [Mon Repos – Mont Pèlerin/Vevey (Suisse), 12 mars 1934]. 1 page ½ in-8, enveloppe avec adresse autographe.

« il y a plus d’une semaine que j’ai commencé cette lettre »

Une des dernières lettres autographes de Maurice Ravel

Les origines et la nature de la pathologie dont souffrait Maurice Ravel pendant les dernières années de sa vie font toujours débat, maladie neurologique ou conséquence d’un choc subi lors d’un accident de taxi en 1932. Selon plusieurs témoignages, les troubles apparaissent dès 1927, alors qu’il se plaint régulièrement de nausées. En décembre 1928, il est victime d’un trou de mémoire pendant l’exécution de sa Sonatine à l’ambassade de France à Madrid et en juin 1933, en vacances à Saint-Jean-de-Luz avec Marie Gaudin justement, il doit être rapidement secouru après avoir oublié qu’il savait nager… Progressivement d’autres symptômes se manifestent, troubles du langage ou de l’écriture, sources d’une grande souffrance pour un artiste aux facultés exceptionnelles. En février 1934 il est admis à la clinique « Mon repos » de Vevey pour y être soigné. La présente lettre, ainsi que celle présentée sous le numéro suivant, est une des dernières lettres connues rédigées de la main du compositeur, elle constitue un témoignage bouleversant de sa détresse. Les traces de la maladie sont décelables dans les nombreuses ratures, hésitations et tentatives d’écriture avortées. « …Grâce à l’air vivifiant de la montagne je commence à pouvoir écrire à peu près. Il y a plus de 2 ans que j’aurais dû me soigner : maintenant c’est l’anémie cérébrale. Enfin, tous les médecins, et les les [sic] plus grands m’assurent la guérison, mais que c’est long ! Je suis installé dans un établissement tenu admirablement par des religieuses françaises. Je pense y rester y rester encore au moins un mois. Parlons affaire : comme j’espère encore revenir à St Jean, il me semble plus commode d’y laisser les espèces au bureau de la Société Générale. N’étant guère ferré sur sur [sic] la terminologie des affaires, pourrait-on m’envoyer une lettre que je n’aurais qu’à signer ? Merci d’avance, dix mille à tous [sic]. Écrivez-moi quelque fois : je tacherai de vous répondre quoiqu’il me faille pour cela des journées de tortures : il y a plus d’une semaine que j’ai commencé cette lettre ».

Références : Lettre publiée par Arbie Orenstein dans Maurice Ravel. Lettres, écrits, entretiens. Harmoniques, Flammarion, 1989, numéro 335, pp. 281 et 282.

2’000 – 2’500 EUR
Date de vente Tue 27 Nov 2018 at 14:00:00 (Europe/Zurich)
Prix réalisé bientôt publié